Le gros intestin du cheval, constitué du cæcum et du côlon, offre des conditions idéales pour le développement de divers microorganismes dans un environnement anaérobie avec un pH neutre, une température moyenne de 38°C et une forte teneur en eau. Ces microorganismes forment le microbiote du gros intestin et jouent un rôle crucial dans la nutrition du cheval, en particulier dans la digestion des fibres alimentaires. Ils dégradent la cellulose, les hémicelluloses et les pectines, produisant des acides gras volatiles (AGV) qui constituent la principale source d’énergie du cheval. - - Ce microbiote joue également un rôle central dans la santé intestinale et globale de l'animal. Il exerce des fonctions immunomodulatrices, soutient la production de mucus protecteur et limite le développement de microorganismes pathogènes, en occupant les niches écologiques, en entrant en compétition pour les ressources ou en produisant des substances anti-pathogènes. Il contribue ainsi à la préservation de l’intégrité de la barrière intestinale. En outre, il influence la communication entre le gros intestin et le système nerveux central, à travers des voies neuroendocriniennes, immunitaires et métaboliques. - - Les communautés microbiennes interagissent et évoluent constamment, créant un écosystème dynamique et complexe dans le gros intestin. Lorsque cet écosystème est en équilibre (eubiose), les fonctions nutritionnelles et de santé sont optimales. Cependant, l’équilibre est fragile et peut être perturbé, entraînant une dysbiose qui se manifeste par une réduction de la diversité microbienne, la diminution des microorganismes bénéfiques ou une prolifération des microorganismes pathogènes, compromettant ainsi la nutrition et la santé de l’hôte. - - Pour maintenir l'équilibre du microbiote intestinal du cheval, il est essentiel de gérer de manière rigoureuse les facteurs de stress qui ont un impact direct sur la stabilité de l’écosystème microbien. Parmi ces facteurs, une gestion adaptée de l'alimentation constitue un levier primordial. L’utilisation des antimicrobiens est également un facteur de perturbation important. Ces facteurs de stress de l’écosystème du gros intestin seront détaillés dans de prochains articles. Les connaitre et réduire leur impact permet de minimiser les risques de maladies médiées par le microbiote du gros intestin, comme les coliques, les diarrhées chroniques, certaines fourbures, etc. - - La Croix du Sud en partenariat avec Lab To Field travaillent en ce moment sur la formulation d'une nouvelle gamme. - - Nous sommes fiers de pouvoir prochainement vous présenter le quatrième chapitre de notre engagement envers la santé digestive optimale de TOUS les chevaux. - - - - Pour en savoir plus : - - · Julliand, V., & Grimm, P. (2016). HORSE SPECIES SYMPOSIUM: The microbiome of the horse hindgut: History and current knowledge. Journal of animal science, 94(6), 2262-2274. - - · Petersen, C., & Round, J. L. (2014). Defining dysbiosis and its influence on host immunity and disease. Cellular microbiology, 16(7), 1024-1033. - - · Garber, A., Hastie, P., & Murray, J. A. (2020). Factors influencing equine gut microbiota: Current knowledge. Journal of Equine Veterinary Science, 88, 102943.