La prévention des coliques passe par une gestion alimentaire optimale
Alimentation Bien-être Santé du cheval

La prévention des coliques passe par une gestion alimentaire optimale

Les crises de colique représentent une cause majeure de mortalité chez les chevaux. Bien que les coliques (douleurs abdominales) soient souvent imprévisibles, une gestion alimentaire rigoureuse constitue la pierre angulaire de leur prévention. Minimiser les perturbations du système digestif, en particulier dans le gros intestin, est fondamental pour la santé de votre cheval.

 

L’importance du fourrage et de l’alimentation continue

1. fourrage à volonté (ad libitum) : les chevaux en box doivent avoir accès à du foin et à de l’eau à volonté. Maintenir la présence de fourrage dans l’estomac contribue à tamponner l'acide produit en permanence, prévenant ainsi la formation d'ulcères gastriques, qui sont une cause possible de colique. Une consommation quotidienne d'au moins 2 % du poids corporel en fourrage de bonne qualité est recommandée.

2. régimes riches en fibres : une alimentation axée sur les fourrages soutient le microbiome équin responsable de la fermentation des fibres dans l’intestin postérieur. Les fourrages tels que le foin ou les cubes de luzerne peuvent être bénéfiques pour diminuer les ulcères, car ils sont riches en calcium et en protéines, ce qui peut tamponner l’acidité gastrique.

3. éviter l'estomac vide : le confinement au box avec des sorties limitées peut entraîner de longues périodes sans manger. Un estomac vide expose la région squameuse aux acides, augmentant le risque d’ulcères. Il ne faut jamais entraîner un cheval à jeun.

 

Le danger des régimes riches en amidon et des changements brusques

Les déséquilibres du microbiote intestinal (dysbiose) dus à l'alimentation sont des précurseurs de troubles digestifs, y compris les coliques et l'acidose de l’intestin postérieur.

1. réduire les céréales : les régimes riches en céréales ou en concentrés sont associés à une incidence plus élevée d'ulcères. Le fait de donner plus de 2 kilogrammes de céréales par jour double le risque d'ulcères gastriques. Les céréales produisent moins de salive (tampon acide) que le foin et traversent l'estomac plus rapidement, laissant l'estomac plus longtemps vide.

2. acidose de l'intestin postérieur : lorsqu'une quantité substantielle d'amidon non digéré atteint le gros intestin (côlon), cela peut provoquer une fermentation excessive. Cette fermentation produit un excès de lactate, ce qui crée une acidose et une baisse de ph, toxique pour les bactéries fibrolithiques bénéfiques. Ce dysfonctionnement est un précurseur des ulcères de l'intestin postérieur et d'autres pathologies digestives.

3. transition alimentaire progressive : les modifications brusques de qualité, de quantité ou d'horaire de distribution des aliments, en particulier les changements de foin, peuvent accroître considérablement le risque de colique. la transition vers un nouveau lot de foin doit se faire progressivement sur une période de deux à trois semaines.

4. qualité des aliments : la moisissure dans les aliments pour chevaux peut également déclencher des coliques. Il est essentiel de contrôler la qualité des fourrages et des céréales, car des contaminants tels que les toxines microbiennes peuvent compromettre l'hygiène et la santé du cheval.

 

Hydratation et santé du gros intestin

L’hydratation est cruciale pour la motilité et la prévention des obstructions (impaction).

accès constant à l'eau : assurez-vous que le cheval ait accès à une eau de bonne qualité en tout temps pour prévenir la déshydratation et réduire le risque de troubles gastro-intestinaux.

sel et sodium : un apport suffisant en sel comme source de sodium aide à augmenter la consommation d’eau.

 

Consultez votre vétérinaire

La colique est une urgence. En cas de signes de détresse, contactez votre vétérinaire sans attendre.

Le vétérinaire est le seul professionnel compétent pour diagnostiquer et traiter les douleurs abdominales. Il peut également évaluer si les signes cliniques sont liés à des ulcères gastriques, la gastroscopie étant la seule méthode fiable pour les identifier. L’objectif est de prendre des mesures dès les premiers signes de troubles digestifs.

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